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Pour la petite histoire, à la fois significative et éclairante, les compresseurs sont à l’origine, une solution technique pour répondre aux limites et contraintes de l’équipement utilisé en radiodiffusion et aux médiums d’enregistrements.

À la radio, pour donner moins de fil à retordre aux techniciens de son, on opte pour un « leveling amplifier » conçu pour réduire automatiquement les segments audio trop intenses. Prévenant ainsi les risques de distorsion lors de la transmission des signaux.

Cette avancée technologique, dans le monde de la radio, donnera naissance à un classique. Un compresseur, encore aujourd’hui, très estimé par les techniciens de son, le LA-2A de Teletronix.

En musique, on compresse, c’est-à-dire qu’on réduit, la dynamique (+/- 100dB) de la performance d’un orchestre symphonique pour qu’elle puisse être contenue sur un vinyl (+/- 75dB).

Certains embrassent la polyvalence des compresseurs pour manipuler un signal sonore; soit de manière chirurgicale, soit de manière esthétique, d’autres leur réservent un rôle plus secondaire, sorte de filet de sécurité. Le compresseur n’est alors réglé que pour prévenir les surcharges et la distorsion indésirable.

L’évolution technologique et l’audace de certains ingénieurs (Joe Meek, Bill Putnam) ont diversifié les motivations créatives et techniques qui entraînent l’utilisation d’un compresseur.

  • Améliorer et donner du poids à la batterie (fattening drum sounds)
  • Augmenter le soutien naturel d’un instrument acoustique.
  • Modifications timbrales de toutes sortes (ex.: éclaircir une source sonore et/ou lui donner davantage de présence).
  • Modifier l’expression rythmique d’une chanson.

4 grands types de compresseurs sont très répandus dans l’arsenal des techniciens de son :

  • Les compresseurs à tubes

La qualité de ces compresseurs est intimement liée à la particularité et à l’entretien des tubes qu’ils utilisent. Ils modifient naturellement le timbre du signal sonore.

Le Fairchild 670 rassemble une vingtaine de tubes dans son boîtier et a façonné l’identité sonore des enregistrements de Motown et des Beatles.

  • Les compresseurs FET.

On tente ici de reproduire l’empreinte sonore des tubes avec des transistors. Ils sont plus rapides et très polyvalents.

Le 1176 (Urei) est sans doute le compresseur le plus utilisé. L’original comme les innombrables reproductions.

Le « all-button mode » (ou le « british mode ») du 1176 lors d’une compression parallèle n’a pas d’équivalent. Le timbre et l’amplitude au signal sont modifiés d’une manière unique.

  • Les compresseurs optiques.

Plus le signal sonore est élevé et plus l’émetteur lumineux (l’ampoule) est intense. Conséquemment, comme l’impédance augmente le volume à la sortie diminue.

Le boîtier de ce type de compresseur peut regrouper différents composants hormis l’ampoule (la cellule photoélectrique), comme des tubes ou encore un VCA. Chaque modèle a quelque chose d’unique. La compression peut être très transparente ou alors plus colorée. Idéal pour les sons doux et pas éminemment percussifs.

Le TUBE-TECH CL 1B  et bien sûr le LA-2A (mentionné plus haut) sont  particulièrement efficaces pour contrôler une voix, une guitare acoustique ou une basse.

  • Les compresseurs VCA

Des compresseurs aussi très polyvalents. Ce type de compresseur a marqué l’histoire de la musique puisque la compagnie Solid State Logic offrait un compresseur VCA dans la section centrale de sa console SSL 4000.

Ce qui permet aux utilisateurs de compresser l’ensemble de leur mix pour à la fois contrôler les niveaux et augmenter le “glue effect”.

Autres compresseurs VCA dignes de mention :
– Fabriqué en 1976, simple à manipuler, le DBX 160 VU est reconnu pour son caractère sonore unique.
– Le Vertigo VSC-3 (ou ancien VSC-2) Quad Discrete Compressor a bâti sa réputation en grande partie sur ses quatre VCA discrets “1979” fabriqués sur mesure à la main. “The Mercedes of VCA Compressors” – Vintage King

Les modèles de compresseurs mentionnés dans cet article peuvent aussi être utilisés sous forme de plugins.

Notes : Les plugins UAD nécessitent des cartes de DSP externes afin de fonctionner.

Si vous souhaitez des alternatives natives de qualité équivalente (pouvant être utilisés de manière classique avec un simple ordinateur)  vous pouvez vous tourner vers Plugin Alliance ou IK Multimedia T-RackS offrant également des émulations de La-2A, Fairchild, 1176, SSL G Bus Comp, Vertigo VSC-2 et bien d’autres…

Des questions ou commentaires sur cet article ? Contacter l’auteur: Jonathan Doyon.

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