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karimMusitechnic est fier de ses gradués et des professeurs qui partagent leur passion avec les étudiants. Cette entrevue rejoint les deux, puisque Karim Blondy est un gradué Musitechnic et qu’il enseigne chez Musitechnic.

MT : Décris nous ton métier :

KB : Depuis quelques années je suis technicien de son à la radio de Radio-Canada mais comme  beaucoup de pigistes audio, je travaille à droite à gauche. J’ai travaillé à temps plein à Radio-Canada pendant plusieurs années mais avec les compressions budgétaires des dernières années j’ai du diversifier mes activités. En gros, je fais de la prise de son et du mixage pour des albums, je fais un peu de “live”, je compose pour divers projets. J’enseigne à Musitechnic aussi depuis presque 10 ans.

MT : Qui sont tes clients ?

KB: À Radio-Canada mes clients sont généralement les réalisateurs des émissions pour lesquelles je travaille. Pour la musique que j’enregistre et que je mix, mes clients sont les artistes eux-mêmes. Pour le “live” ce sont les salles de spectacles qui sont mes clients. En ce qui concerne la composition, mes clients sont des producteurs.

MT : Comment as-tu commencé ta carrière ?

KB : Il n’y a pas eu de départ official mais plusieurs étapes. En fait, c’est parce que je n’avais pas prévu de carrière dans un autre domaine que j’ai commencé dans le son! Des contacts tout simplement. J’habitais aux Etats-Unis et une station de radio multiculturelle qui diffusait en plusieurs langues cherchait quelqu’un pour faire la voix en Français dans une publicité. La station de radio a appelé dans une école de Français et la réceptionniste que je connaissais m’a recommandé. J’ai été payé pour faire une voix en Français et le lendemain je suis retourné à la station de radio et je leur ai proposé de faire les voix en Français dont ils avaient besoin si en échange ils m’apprenaient à me servir de l’équipement. J’ai appris qu’il faut respecter les personnes qui travaillent à l’accueil, ne jamais négliger les réceptionnistes! C’est comme ça que j’ai fait mes premiers mix de publicités à la radio. Arrivé à Montréal j’ai fais un baccalauréat (ce qu’ils appellent une licence en France) en commerce international tout en faisant de la radio communautaire et étudiante. [su_pullquote]Apres mon baccalauréat je me suis inscrit à Musitechnic où je suis aller parfaire mes connaissances. Je faisais tous les stages que me proposait l’école, je participais même aux projets que montaient les autres élèves de l’école. J’ai ainsi rencontré plusieurs de mes collaborateurs des années suivantes[/su_pullquote].

MT : Parle-nous d’un point tournant dans ta carrière ?

KB: Le jour où je suis devenu pigiste ! J’ai perdu mon emploi à temps plein dans un studio et tout ce que je trouvais comme travail était pour des projets de courte durée. Assez vite j’étais trop occupé à travailler pour continuer à chercher un emploi à temps plein, comme ce à quoi j’avais été habitué. Cette année-là, malgré un peu de chômage, j’ai mieux gagné ma vie qu’auparavant. Ça va faire huit ou neuf ans et maintenant j’ai du mal à imaginer revenir en arrière.

MT : Parle-nous d’un projet dont tu es spécialement fier.

KB: Je suis fier de beaucoup de projets sur lesquels j’ai travaillé, souvent pour des raisons différentes, par exemple avoir essayé quelque chose de nouveau ou de différent, avoir réussi dans des contraintes techniques ou budgétaires, avoir été témoin d’un beau moment ou d’une belle performance. J’aime la musique classique donc je suis aussi fier de pouvoir travailler avec les orchestres et musiciens que j’ai la chance d’enregistrer. Que ce soit symphonique, opératique, ou solo j’estime avoir de la chance travailler avec de bons musiciens, dans une belle acoustique avec du bon « gear ». Quand je vois comment des gens autour de moi gagnent leur vie je suis fier de travailler comme technicien de son. Être heureux d’aller au travail, ce n’est pas rien !

MT : Parle-nous d’une réalité du domaine qui t’as le plus surpris.

KB : Pour survivre comme pigiste, il faut être polyvalent et ne jamais arrêter d’apprendre. L’industrie ne s’arrête jamais, les projets n’arrêtent pas de se créer, les gens ont tout le temps des idées, autant on dit que l’industrie au Québec est petite, autant je n’arrête pas de rencontrer de nouvelles personnes qui ont de l’expérience et dont je n’avais jamais entendu parler! Des contacts peuvent servir même 10 ans plus tard. Je suis parfois surpris de recroiser le chemin de personnes avec qui j’ai travaillé des années auparavant, et c’est toujours plus facile de travailler avec ces personnes. Comme si on se faisait déjà confiance.

MT : Quels sont tes outils de travail préférés ?

KB: Ce n’est pas toujours moi qui décide avec quels outils je vais faire une session. Mes outils préférés sont ceux qui me permettent de travailler rapidement, parfois ce ne sont pas les meilleurs’. Les microphones et les préamplificateurs sont évidements importants, mais un outil essentiel sur lequel nous n’avons pas toujours le contrôle c’est l’acoustique du lieu. J’aime travailler avec une bonne acoustique lors de la prise de son. Essayer de capter l’ambiance tout de suite plutôt que de la créer au mixage. En général je préfère des outils transparents et non bruyants (« low noise floor »). Avec du « gear » haut de gamme, on peut se permettre plus de spontanéité et privilégier la performance de l’artiste. Par exemple, le gain (réglé vite fait) est trop élevé, un bon préamplificateur pardonne, il aura plus de « headroom » et risque de moins craquer. Si le gain est trop faible, avec un bon préamplificateur peu bruyant on pourra augmenter le niveau ultérieurement.

MT : 3 conseils pour ceux qui se lancent dans cette industrie.

KB : Dans le domaine de l’audio comme dans d’autres domaine, il faut persévérer, savoir être patient. Les techniciens aujourd’hui ont besoin de se spécialiser tout en étant polyvalent (ce n’est pas contradictoire). Être ouvert d’esprit et souriant ça aide aussi!

 

 

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