Récemment, j’ai eu l’occasion de mixer « live » ou « sonoriser » dans le contexte des auditions du «Festival En Chanson de Petite Vallée ». Cette tâche m’a posé quelques défis que je voudrais partager avec vous aujourd’hui. Une fois que vous maîtrisez le concept du mix des auxiliaires « pre fader » pour les musiciens et « post fader » pour les effets, il y a quelques éléments supplémentaires auxquels il faut penser. La prochaine fois, nous regarderons comment prévenir certains problèmes.

Il s’agissait d’auditions pour un concours de chansonnier dans le cadre du festival et requerrait une rotation dans la journée de 11 groupes ou artistes, chacun donnant une prestation de quatre chansons. Je mix le système de sonorisation de la salle (pour les juges qui étaient présents) ainsi que pour les archives, enregistrant les performances en stéréo (CDR et enregistreur portatif en « backup »).

Position/emplacement du mix

Assez simple, mais ma position de mix est à environ quatre mètres de la scène et je suis très hors axe par rapport aux enceintes du système de sonorisation de la salle puisque cet emplacement est laissé aux juges. Lorsqu’un groupe joue, ce que j’entends est alors une combinaison de trois sources: le son direct du groupe, le son qui vient de deux enceintes désaxées qui ne sont pas équidistantes par rapport à moi, et le son qui vient des moniteurs placés devant les musiciens. Le diagramme devrait aider à visualiser l’installation. Le son direct du groupe inclut des voix, des instruments acoustiques et électriques (tel un piano à queue, qui peut être assez fort). Quand je suis à la console, je ne peux pas me fier uniquement à ce que j’entends car il n’y a pas d’isolation de la source directe du son. Je ne peux pas non être confiant que ce que j’entends est la même chose que ce qu’entendent les juges.

Combien faut-il de réverbération?

Je dois prendre en compte que, tel que mentionné plus tôt, il y a un enregistrement de la sortie stéréo de ma console qui servira à des fins d’archivage et pour référence future. La réverbération artificielle sera la seule réverbération sur l’enregistrement, tandis que les juges et moi entendons la réverbération artificielle et la réverbération naturelle du studio. Un niveau de réverbération suffisant pour l’enregistrement pourrait être beaucoup trop dans les haut-parleurs de la salle.

Couper la réverbération

Une fois que j’ai établi le montant de réverbération à utiliser, je ne dois pas oublier de l’enlever quand l’artiste parle, comme entre les chansons, puisqu’on aime entendre la réverbération dans une chanson mais pas tellement lorsqu’il s’agit de quelqu’un qui parle au micro. Comment l’éteint-on? En fait, je ne l’éteins pas vraiment, je garde simplement mes doigts sur le potentiomètre du retour d’auxiliaire de la réverbération et je le baisse lorsque l’artiste parle (15dB d’atténuation suffit amplement). Je trouve avec cette manière que le changement de voix avec réverbération à voix sans réverbération est moins drastique que lorsqu’on ferme complètement (« mute ») la réverbération (avec le bouton « mute » du retour auxiliaire par exemple).

Le mix pour les moniteurs

La plupart du temps l’ingénieur de « live » mix soit pour le système de sonorisation de la salle ou pour les moniteurs des musiciens. Dans ces cas-ci je mix pour la salle, pour l’enregistrement (CDR et « backup » avec enregistreur portable) ainsi que trois mixes pour les moniteurs des musiciens. Parfois pendant une prestation, un musicien passera de la guitare au piano. Dans ce cas-ci n’oubliez pas que le moniteur situé où se trouvait la guitare doit être baissé (ou fermé) et le moniteur qui est près du piano doit être augmenté. Ne laissez pas les moniteurs des musiciens ouverts lorsqu’ils n’ont pas besoin de l’être puisque ce que le public entend est une combinaison de tous les moniteurs ensemble, du système de sonorisation de la salle et le son direct des instruments.

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