J’ai récemment eu l’opportunité de faire du mixage « live » pour les auditions du « Festival En Chanson de Petite Vallée ». Ceci m’a amené quelques défis que j’ai partagé avec vous. La dernière fois je vous ai fait part de quelques problèmes qu’on peut rencontrer, cette fois nous allons regarder comment éviter ces problèmes.

Il s’agissait d’auditions pour un concours de chansonnier dans le cadre du festival et requerrait une rotation dans la journée de 11 groupes ou artistes, chacun donnant une prestation de quatre chansons. Je mix le système de sonorisation de la salle (pour les juges qui étaient présents) ainsi que pour les archives, enregistrant les performances en stéréo (CDR et enregistreur portatif en « backup »).

L’écoute : « monitoring »

Mon « monitoring » consiste en plusieurs casques d’écoute branchés dans la console, l’enregistreur principal et l’enregistreur « back up ». Avec cette installation je peux écouter chacun de mes trois mix stéréo indépendamment des autres. En réalité, je ne peux que vaguement vérifier puisque le son direct des groupes et le son du système de sonorisation se combinent avec le son du casque. Mes casques d’écoute sont du type fermés, mais les fuites sont inévitables. Si j’augmente le volume dans mon casque la distorsion va apparaitre avant de couvrir le son extérieur.

Devrais-je utiliser des écouteurs de différents fabricants?  N’est-ce pas idéal de fonctionner avec trois différentes versions du mix disponible? D’une certaine façon oui, mais il faut s’assurer d’avoir une source fiable sur laquelle se baser. Si vous connaissez bien le son d’un casque d’écoute en particulier et vous ajustez votre mix en conséquence ça peut fonctionner mais dans ce cas ci j’ai quand même le problème des sons extérieurs qui se combinent avec mes écouteurs.

Faites attention!

Puisque j’enregistre en même temps que je mix « live », mon attention doit être partagée entre les niveaux de la sortie du mixeur (qui alimente le système de sonorisation et les deux enregistreurs stéréo) mais aussi les niveaux des canaux d’entrée (mes sources) pour éviter la distorsion. Je dois vérifier que les deux enregistreurs enregistrent et que les niveaux d’entrée sont corrects. Je dois aussi vérifier que les musiciens sont contents (et ajuster leurs moniteurs si besoin est) et regarder les juges pour m’assurer qu’ils entendent ce qu’ils veulent.

Limiter les dégâts

Dans ce cas, ce que je faisais était surtout de limiter le dégâts puis que je ne peux pas tout contrôler, je dois prioriser (un bon son « FOH » pour les juges versus un bon enregistrement que peut-être personne n’écoutera jamais). Il n’y a pas trop de pression puisque les juges sont des professionnels qui sont là pour juger les performances des artistes, pas mon son. Cela ne veut pas dire que je peux relâcher mes efforts pour fournir un son de qualité. Un bon artiste ne deviendra pas mauvais si le son est mauvais, mais un mauvais artiste sera mauvais même si le son est excellent. Par contre, un bon artiste combiné à un bon son devient exceptionnel.

Une meilleure planification

Donc ce scénario aurait pu être évité avec une meilleure planification. Idéalement, la position du mix est bien entre les enceintes du système de sonorisation (situation de mix « live ») ou alors isolée acoustiquement du son direct (pour l’enregistrement). Le premier compromis arrive ici lorsqu’on tente d’accomplir deux tâches depuis le même emplacement. Idéalement la position du mix est plus loin de la scène afin de minimiser l’effet du son des moniteurs qui interfèrent avec le son venant du système de sonorisation. L’emplacement est le deuxième compromis. Un autre compromis se fait lorsque le mix qui alimente mes enregistreurs est le même qui est envoyé au système de sonorisation. Dans une situation idéale un mix séparé est fait par une autre personne sur une autre console. Même si le mix de la salle et le mix enregistré sont faits depuis la même console, une bonne alternative pourrait être d’enregistrer le mix d’une sortie auxiliaire (comme le mix « aux » qu’on envoie aux musiciens) pour que différents montants de réverbération puissent être utilisés dans la salle et dans le mix enregistré, par exemple. Un autre example, une batterie a besoin d’être envoyé dans le mix pour l’enregistrement mais puisque le son direct est si fort, il en faut moins dans la salle que sur l’enregistrement puisque le public (les juges) est suffisamment rapproché du groupe.

En espérant que ces notes vous permettent d’apprendre des erreurs des autres!

Questions? commentaires?: k.blondy@musitechnic.net

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