Qu’est ce que le « mastering » ?

 

Un art obscure pour certains, une science pour d’autres, le « mastering » est parfois sous ou surestimé et souvent mal compris. Ici je m’attarde à ce qu’est le « mastering » et pourquoi il est nécessaire. Une prochaine fois je regarderai plus en détail ce que fait en réalité l’ingénieur de « mastering ». En espérant pouvoir éclairer votre rôle dans la chaine du son ou vous aider à vous préparer pour une future session de « mastering ». Je regarderai les aspects importants qui pourront vous aider à choisir un ingénieur de « mastering » pour votre projet ou peut-être en devenir un vous-même!

 

Dans l’industrie de la musique le « mastering » est le processus final avant qu’un disque sorte ou soit dupliqué.  Le « mastering » est une forme de « post-production » qui a lieu une fois que le « mix » final est effectué mais avant la production du medium final (CD ou vinyl…) ou avant que la musique soit rendue disponible en ligne (sur iTunes par exemple). Avant le ruban analogique, les étapes de l’enregistrement, du mixage et le « mastering » avaient toutes lieu en même temps : la version finale ou « master » se faisait pendant l’enregistrement de l’artiste. Le « mastering » sert à obtenir le meilleur résultat possible dans une variété d’environnements d’écoute et systèmes de son. Pour ce faire le « mix » est optimisé afin que l’enregistrement se traduise bien dans une voiture, une boîte de nuit, des écouteurs et des enceintes d’ordinateur par exemple. Le « mastering » est le processus qui permet d’obtenir un produit qui est directement utilisable (soit pour diffusion sur internet ou pour imprimer des CD chez un fabricant). Aujourd’hui le « mastering » consiste en partie de transférer des enregistrements divers en un médium final pour production ou diffusion en masse, par exemple, les diverses chansons qui sont assemblées pour composer un album (parfois appelé le « program »). Avant de transférer les différents enregistrements qui deviendront l’album, ils doivent être préparés ce qui implique souvent du traitement du signal comme de l’égalisation ou de la compression. Le son pour les jeux vidéo et les films passe parfois par du « mastering ». Des films à audio multicanal, comme le son « surround » 5.1, peut aussi bénéficier d’un « mastering ». Le « mastering » se fait dans des studios spécifiquement prévus pour cette fonction et équipés avec des appareils spécialisés capables de modifier seulement certaines parties d’un signal sans toucher les autres. Le processus est étroitement lié à l’ingénieur de « mastering » lui même et certains d’entre eux sont associés à un son ou à un genre spécifique.

 

L’audio doit passer par un « mastering » parce que les ingénieurs à l’enregistrement et au mixage impliqués dans les étapes précédentes peuvent avoir un regard moins objectif. Le processus de l’enregistrement et du mixage peut être long et peut s’étendre sur plusieurs mois. La méthode d’enregistrement et de mixage peut avoir évolué quelque peu durant cette période. L’utilisation de l’égalisation et le traitement de la gamme dynamique peut-être différent d’une chanson à l’autre. Des divergences entre les chansons vont inévitablement se glisser, d’où le besoin d’un « mastering ». À un certain niveau, quand la qualité est la priorité, il est imprudent de confier le traitement du son à une seule personne (l’ingénieur de « mix »par exemple) et à un seul environnement d’écoute (le studio d’enregistrement et de mixage). Quelqu’un qui est impliqué depuis le début ne peut avoir une oreille suffisamment objective pour finaliser un projet et l’étape du « mastering » est la dernière étape possible pour apporter d’éventuelles corrections. De plus, le placement acoustique des enceintes dans un studio de « mastering » doit être de très haute qualité, optimisé et précis pour une reproduction exacte et un maximum d’objectivité. Un studio de « mastering » ne devrait pas présenter les compromis qu’on trouve dans les studios d’enregistrement. Un studio d’enregistrement peut compromettre le son de l’environnement d’écoute parce qu’on doit y placer une grande console d’enregistrement ou alors à cause de la vitre qui sépare la régie du studio. L’emplacement des enceintes dans un studio d’enregistrement dépend de l’espace disponible entre la console, les appareils de traitement de signal (effets) et la vitre. Le « mastering » est d’autant plus nécessaire aujourd’hui car la plupart des systèmes de son sont d’une qualité suffisante pour permettre la perception de différences mineures. Un contenu audio qui a eu un mauvais « mastering » mènera à une fatigue d’écoute de la part de l’auditeur et rendra l’expérience d’écoute moins agréable, alors l’ingénieur de « mastering » essaie d’équilibrer harmonieusement ce contenu audio avec une combinaison d’art et de science.

 

Le processus du « mastering » audio requiert un équipement de haute qualité très coûteux. Le prix était encore plus prohibitif du temps du « mastering » sur vinyl. Quoique les prix aient radicalement chuté dans l’industrie de la technologie-musique, le prix des appareils sophistiqués de traitement de signal de haute qualité (analogique ou numérique) sont quand même très élevés. Le « mastering » est un créneau particulièrement étroit du marché et les appareils requis sont souvent produits en petit nombre, souvent assemblés à la main et dont la qualité est strictement contrôlée après l’assemblage. Les « plugins » sont également utilisés et sont relativement bon marché en comparaison avec leurs homologues physiques. Les studios d’enregistrement ne peuvent se permettre ce genre d’équipement couteux pour chacun de canaux nécessaires à l’enregistrement. Généralement en « mastering » seuls deux canaux sont nécessaires. Dans un studio de « mastering » (à part les habituels contrôles de niveau et de phase, ainsi qu’un sélecteur d’enceintes) on retrouve des consoles de mixage conçues spécifiquement pour les besoins du « mastering ». Voici quelques particularités ou fonctions de ces consoles: des points d’insertions qui permettent un traitement « M/S », des filtres passe haut et passe bas très précis, une flexibilité dans le changement de l’ordre des différentes étapes de traitement de signal, un contournement (« bypass ») facile des effets et points d’insertions pour permettre de rapides comparaisons A/B, et la possibilité d’écouter en mono ou hors phase. Ces installations et équipements utilisent des câbles qui sont aussi courts que possible et des circuits simples pour maximiser la transparence.

 

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